Projets de recherche

Action politique

L’urbanisation affecte les modalités et la nature des relations
sociopolitiques de trois façons. Dans un premier temps, elle modifie
l’architecture institutionnelle du pouvoir politique. Les grands enjeux
urbains (infrastructures et services publics, gestion de la violence,
spéculation immobilière, gestion de la diversité, vulnérabilité aux
catastrophes naturelles et aux risques sanitaires, etc.) sont désormais
prioritaires sur la plupart des agendas politiques nationaux et
internationaux. La plupart des États ont initié d’importantes
décentralisations institutionnelles et des réformes de la gouvernance
métropolitaine. Les modalités d’élaboration des politiques publiques
passent de plus en plus par une approche territorialisée et transversale
en ciblant une localité dans son ensemble plutôt qu’un secteur
d’activité unique. Les revendications de la société civile passent
souvent par les villes (surtout au sein des mouvements
altermondialistes, mais également chez les émeutiers et dans les actes « 
terroristes »).

Dans un deuxième temps, l’urbanisation transforme les modes de vie
des citadins, et c’est l’hypothèse que nous posons, génère une nouvelle
logique d’action politique. La prise de décision politique a longtemps
été conçue comme un calcul des coûts et bénéfices des conséquences
envisagées. Or, l’action est souvent moins stratégique, régie par une
force d’impulsion plutôt que par la planification. Pensons aux
manifestants à Athènes en décembre 2008. L’étincelle des premières
manifestations était la rage contre un abus policier. Le déploiement des
actions montre que l’imprévisibilité est leur source première
d’inspiration. Ils ne savent pas où tout ça va les mener, ni même qui
est exactement l’ennemi (l’État, mais aussi toutes les autres formes
d’autorité diffuses). Cette logique d’action urbaine mise sur les
interdépendances propres à la ville, sur la « culture de l’urgence »
développée par les jeunes (surtout les plus exclus, voir Pedrazzini et
Sanchez, 1998), sur la nécessité de prendre des risques, sur
l’expérimentation et l’apprentissage par la mobilité. C’est une logique
d’action politique qui est non seulement visible dans les émeutes, mais
aussi dans les décisions gouvernementales. Par exemple, le code du vert
au rouge pour alerter les citoyens sur l’intensité de la menace
terroriste est conçu sur le principe que les réactions des gens à cette
stimulation affective sont imprévisibles (Massumi, 2006). En apprenant
que les États-Unis sont, par exemple, en code « orange », les passagers
aux points de sécurité d’un aéroport peuvent réagir de plusieurs façons :
panique, exaspération, indifférence. Une telle politique s’adresse à
l’affect de la population et non à la raison. On n’explique jamais
quelle est la menace, on ne fait que stimuler la peur. Dans un troisième
temps, l’urbanisation, un peu comme la modernité, produirait une
nouvelle ontologie que l’on pourrait appeler l’urbanité. Elle
transformerait la façon dont les gens conçoivent le monde. Les
références culturelles propres à la ville (tels les rapports à la
vitesse, à l’incertitude, à la mobilité, aux stimulations sensorielles)
se diffusent hors des villes et deviendraient des éléments
caractéristiques de l’époque actuelle.

  • Comparing metropolitan governance in
    transatlantic perspective : Toronto, Montreal, Paris and Frankfurt,
    Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH)
    , sous la direction de Roger Keil, avec Stefan Kipfer et Pierre Hamel.

    Ce projet porte un regard comparatif sur la gouvernance
    métropolitaine dans quatre villes, soit Montréal, Toronto, Paris et
    Francfort. La question de recherche principale est structurée en deux
    temps : 1) Dans quelle mesure les conflits et la coopération entre
    acteurs locaux sont-ils articulés en termes de gouvernance
    métropolitaine ? 2) Les pratiques des acteurs locaux impliqués dans la
    gouvernance métropolitaine se ressemblent-elles dans les quatre villes à
    l’étude, et ce, malgré les différences dans les cultures politiques ?
    Existe-t-il, en d’autres termes, une convergence dans les pratiques de
    gouvernance métropolitaine ? Ces quatre villes font face à des défis
    semblables : 1) croissance économique et démographique, 2) étalement
    urbain et nouvelle distribution des fonctions résidentielles et de
    transport, et 3) transformations institutionnelles et politiques. Dans
    ce contexte, comment les acteurs locaux envisagent-ils la gouvernance
    métropolitaine ? À partir d’entretiens avec des fonctionnaires,
    universitaires, élus et militants associatifs, nous analysons les
    représentations que se font les acteurs de la région métropolitaine.
    Nous parlons d’étude des représentations parce nous n’étudions pas le
    processus de mise en œuvre des programmes, mais plutôt la façon dont les
    acteurs définissent les problèmes générés par ce contexte de
    transformation, élaborent des solutions, légitiment leurs actions. Nos
    questions se centrent principalement sur les secteurs du logement et des
    transports.

VESPA en 360 Nouveautés

09.2013 | Danielle Labbé et Julie-Anne Boudreau

colloque Inter-Asian Connections IV- 3 -5 octobre

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04.2012 | Reportage de Marilena Liguori

‘Mange ta ville’ : ‘Toronto a la Cart’ et la promotion de la diversité ethnoculturelle

Toronto se vante d’être « une des villes les plus multiculturelles dans le monde ». D’un point de vue démographique, ceci semble être vrai car environ la moitié de sa population est née à l’étranger et plus de 140 langues et dialectes y sont parlées¹. Mais est-ce la présence d’immigrants qui rend une ville « multiculturelle » ? Qu’est-ce que cette auto-proclamation veut dire pour la ville de Toronto ?

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12.2009 | Reportage de Julien Rebotier

Paysage urbain et relations socio-spatiales à Caracas

A l’échelle de l’agglomération, le paysage urbain de Caracas présente les particularités d’une mosaïque socio-économiques dans une vallée intra-montagneuse située à environ 1000 mètres d’altitude au sud de la chaîne de l’Avila, qui s’élève en arrière-plan des photos 1 et 2, et qui sépare la ville de la mer Caraïbes.

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