Projets de recherche

Urbanisation et insécurité

Nous le savons : le monde s’urbanise à une vitesse jamais vue. Les
travaux du VESPA ont comme objectif premier de comprendre l’impact de
cette urbanité sur le processus politique. Nous définissons l’urbanité
comme une condition historique inégalement distribuée sur le plan
géographique. Certaines régions sont beaucoup plus densément urbanisées
que d’autres. Cette condition historique, étroitement liée aux processus
de mondialisation, est caractérisée par de fortes interdépendances, une
intensification et une accélération de la mobilité, et une grande
imprévisibilité. L’originalité de l’approche du VESPA réside dans un
questionnement épistémologique et méthodologique en réponse à ces
transformations fondamentales du processus politique dans ce contexte
d’urbanisation accélérée. En effet, les sciences sociales modernes ont
été étroitement associées à l’État. Elles ont servi à produire des
connaissances sur des sociétés considérées comme des entités fixes et
reconnaissables. On identifiait un problème à l’intérieur des limites
fixes d’un pays et les connaissances produites servaient à résoudre ce
problème. Or, ces prémices ont été fortement contestées dans les années
1980 par le postmodernisme. Elles ont été ébranlées d’autant plus
visiblement par le 11 septembre 2001 et par la crise financière de 2008.
La porosité des frontières étatiques et l’imprévisibilité des acteurs
ont mis en évidence le fait que la réalité étudiée par les sciences
sociales n’est pas fixe.

Ceci est très clair lorsque nous observons la ville. L’époque
actuelle, nous le savons, est caractérisée par de fortes
interdépendances et les villes jouent un rôle central dans cette
circulation de capitaux, d’idées, de personnes, de biens,
d’informations. À l’échelle micro-sociologique, les multiples
interactions en ville sont également interdépendantes et génèrent des
situations inattendues, qui à leur tour, se diffusent très rapidement
dans d’autres villes par le biais des technologies de communication.
Pensons par exemple à la vitesse à laquelle les émeutes dans les
banlieues françaises en 2005 ont fait le tour de la planète et créé des
situations semblables ailleurs. Ces interdépendances sont difficiles à
gouverner ; elles sont imprévisibles. La vitesse des échanges rend
illusoire la prétention de les analyser en termes de coûts-bénéfices. Il
nous semble plus efficace de les saisir en suivant les réactions en
chaîne dans de multiples directions. Ceci signifie concevoir la réalité à
étudier dans toute sa mobilité afin de pouvoir suivre les acteurs dans
leurs expérimentations, dans la logique de leurs actions. Comment
appréhender cette réalité fugitive ? Comment étudier l’individu mobile ?
Comment capter ce qu’il ressent en temps réel ? Comment saisir la logique
de ses actions ? Au VESPA, nous élaborons une épistémologie de
l’urbanité en capitalisant sur trois de ses caractéristiques : la
mobilité, la charge affective liée aux stimulations sensorielles et les
interdépendances.

L’urbanité, pour nous, c’est aussi l’interface avec la ruralité ;
c’est pourquoi nous portons une attention particulière aux espaces
hybrides, aux espaces périurbains. Nos travaux explorent plus
particulièrement le cas du Vietnam. En effet, le Vietnam est caractérisé
par un réseau très dense de villages d’artisanat en périphérie des
grandes villes ; ces villages jouent un rôle central dans les processus
actuels d’urbanisation.

  • Urbanization Processes at work : Mobility and Local development in Hanoi,
    financé par le Fonds d’initiatives internationales du Conseil de
    recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), avec Jean-Pierre
    Collin, Julie-Anne Boudreau, Mélanie Robertson, Ha Huu Nga et Nguyen Duc
    Truyen du Sustainable Development Institute for the North (SDIN) de la
    Vietnam Academy of Social Sciences (VASS).
  • The Aesthetic Construction of Fear and (In)security in North America est un projet financé par le Programa interinstitucional de estudios sobre la region de América del Norte (PIERAN), El Colegio de Mexico, sous la direction de Maria Morena Caranco. Participants à ce projet : Maria Morena Caranco (UAM), Guénola Capron (UAM), Greig Chrysler (UC-Berkeley), Julie-Anne Boudreau (INRS), Maude Séguin-Manegre (INRS), Marilena Liguori (INRS), Rita Ponce de León (artiste graphiste, Mexico).
  • Constructions identitaires et territorialités des jeunes des quartiers populaires et d’immigration : une comparaison entre Montréal et la banlieue parisienne(CRSH subvention Savoir 2013-2016 ) Enquête comparative sur la production de la culture juvénile dans des quartiers populaires et d’immigration, à partir de l’expérience de jeunes (16-25 ans) de quatre quartiers en région parisienne (Corbeil-Essonne et Évry) et à Montréal (Saint-Michel et la Petite-Bourgogne). Participeront à cette recherche : J.-A. BOUDREAU (chercheure principale, INRS, VESPA), S. HIGH (U. Concordia), C. CARDI (U. Paris VIII), M.H. BACQUÉ (U. Paris X), G. DESROSIERS-LAUZON (UQAM, VESPA), D. AUSTIN (Abbott College), Martin Lamotte (INRS, VESPA), Lamence Madzou

VESPA en 360 Nouveautés

12.2009 | Reportage de Julien Rebotier

Paysage urbain et relations socio-spatiales à Caracas

A l’échelle de l’agglomération, le paysage urbain de Caracas présente les particularités d’une mosaïque socio-économiques dans une vallée intra-montagneuse située à environ 1000 mètres d’altitude au sud de la chaîne de l’Avila, qui s’élève en arrière-plan des photos 1 et 2, et qui sépare la ville de la mer Caraïbes.

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09.2013 | Danielle Labbé et Julie-Anne Boudreau

colloque Inter-Asian Connections IV- 3 -5 octobre

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04.2012 | Reportage de Marilena Liguori

‘Mange ta ville’ : ‘Toronto a la Cart’ et la promotion de la diversité ethnoculturelle

Toronto se vante d’être « une des villes les plus multiculturelles dans le monde ». D’un point de vue démographique, ceci semble être vrai car environ la moitié de sa population est née à l’étranger et plus de 140 langues et dialectes y sont parlées¹. Mais est-ce la présence d’immigrants qui rend une ville « multiculturelle » ? Qu’est-ce que cette auto-proclamation veut dire pour la ville de Toronto ?

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